Bugaled Breizh

Le Bugaled Breizh est un chalutier de Loctudy, Finistère. Il a coulé le 15 janvier 2004, provoquant la mort de ses 5 marins.



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Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Bugaled Breizh : la thèse du sous- marin confirmée... NDLR) du Bugaled Breizh, est la plus sérieuse en l'état du dossier", écrivent les juges de Quimper... (source : lexpress)
  • ... Bugaled Breizh : la thèse du sous- marin se confirme... L'affaire du Bugaled Breizh est -elle terminée? Non!... (source : lepost)
  • Le Bugaled Breizh est par conséquent loin des zones de plongée des sous- marins [1], pas “à quelques milles” comme le disent les auteurs.... (source : corlobe)

Le Bugaled Breizh est un chalutier de Loctudy, Finistère (quartier maritime du Guilvinec). Il a coulé le 15 janvier 2004, provoquant la mort de ses 5 marins. Leurs corps n'ont pas été retrouvés.

Les faits

Ce chalutier de 24 m de long, construit en 1986, a coulé au large du cap Lizard (extrémité sud-ouest de la Grande-Bretagne) le 15 janvier 2004 à 12h25 UTC. Le bateau de pêche, propriété de Michel Douce, armateur et artisan-pêcheur, a entraîné dans son naufrage les 5 marins du bord : Yves Gloaguen, Georges Lemétayer, Pascal Le Floch, Patrick Gloaguen, Eric Guillamet.

Explications et enquêtes suite au naufrage

Dans les semaines suivant l'accident, de nombreuses explications ont été avancées pour expliquer la cause du naufrage.

La thèse de l'accrochage avec un sous-marin militaire

Quelques heures après le naufrage, un communiqué de la préfecture maritime de l'Atlantique annonce qu'un exercice militaire sous-marin de l'OTAN avait lieu autour de la zone du naufrage, mais que le premier sous-marin (le sous-marin néerlandais Dolfjin) [1] ayant fait l'objet de réparations suspectes aux yeux des marins [2]) était à plus de 20km. Le sous-marin britannique HMS Turbulent serait aussi suspecté car il aurait subi des réparations après l'exercice mais se serait trouvé à plus de 50 km du naufrage selon les autorités [3]. D'autres documents mentionnent la présence à proximité du sous-marin allemand U22 mais aussi d'autres sous-marins plus loin (un sous-marin nucléaire d'attaque britannique HMS Torbay (GB) et les 2 sous-marins nucléaires d'attaque français Rubis et Saphir) [4]. Le juge d'instruction envisage aussi la présence d'un sous-marin inconnu venu espionner l'exercice de l'OTAN[5].

Cette thèse permettrait d'expliquer des anomalies constatées sur l'épave :

Selon Le Point[7], [8] qui en apporte des images, des traces de titane ont été retrouvées sur la zone de frottement du câble qui a été étiré (fune bâbord) du chalut du Bugaled Breizh, mais pas sur l'autre câble. La présence de ces traces de titane n'est pas toujours expliquée, mais relance l'hypothèse de l'accrochage avec un sous-marin, dont les peintures peuvent comporter du titane.

Un an après l'accident, l'existence d'un exercice de sous-marin en plongée à proximité du lieu de naufrage ce jour là est paru dans la presse, contrairement au communiqué officiel qui parlait d'un exercice le lendemain du naufrage[9].

Il existe plusieurs cas d'accrochages entre sous-marins et bateaux de pêche recensés. Ainsi dans les années 80, le bateau de pêche "Shéralga" a coulé en mer d'Irlande : la marine britannique a affirmé n'avoir aucun sous-marin dans le secteur. Néenmoins un photographe amateur avait pris une photo d'un submersible britannique le matin du drame, non loin du lieu de l'accident. La Royal Navy a reconnu sa faute et a indemnisé les familles. [10]

Le 31 juillet 2008, les juges chargés de l'enquête, Richard Foltzer et Muriel Corre, ont transmis aux parties civile les conclusions d'un rapport d'expertise rédigé par Dominique Salles, officier sous-marinier à la retraite. Ce dernier affirme que «la cause hautement probable du naufrage est celle d'une croche avec un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA). [11]»

Critique de la thèse de l'accrochage avec un sous-marin militaire

Des documents de l'OTAN ont été déclassifiés et transmis à la justice française.

En novembre 2006, le rapport d'enquête technique du BEA mer estime que l'hypothèse de la croche du train de pêche par un sous-marin militaire n'est pas crédible. Sa conclusion est : "il apparaît par conséquent au vu des éléments disponibles à ce jour qu'il n'y a pas suffisamment de cohérence entre l'hypothèse d'une croche du train de pêche par un sous-marin et les constatations matérielles faites sur le train de pêche".

La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a indiqué à l'Assemblée Nationale, lors d'une "question au gouvernement", posée par la députée du Finistère Hélène Tanguy, que les éléments d'information en sa possession ne lui permettent pas «de suspecter un sous-marin d'être à l'origine du naufrage».

En ce qui concerne la présence de sous-marins, celle-ci a aussi indiqué :

"En ce qui concerne l'exercice interallié qui mettait en cause trois sous-marins, les autorités britanniques ont communiqué les positions des sous-marins britanniques et néerlandais et les autorités françaises ont communiqué celles du sous-marin français dès que cela a été demandé. À la demande de la préfecture maritime de l'Atlantique, les autorités britanniques ont aussi été amenées à communiquer les positions de l'ensemble des navires et de l'ensemble des sous-marins à la mer le 15 janvier dans les zones concernées, y compris ceux qui participaient à un exercice naval britannique, et par conséquent indépendant de l'exercice interallié. Comme l'ont réaffirmé les autorités britanniques, si elles n'ont pas communiqué la position d'un autre sous-marin que vous avez cité, le /Turbulent/, c'est parce que ce dernier n'était pas à la mer le 15 janvier. Il n'est parti que le 16 au matin pour rentrer le soir du même jour suite à incidents techniques. "

En ce qui concerne la présence de titane, le rapport du BEA minimise son importance, en indiquant que «le titane est fréquemment utilisé comme pigment sous forme de dioxyde de titane. Le fournisseur de peinture utilisées à bord du Bugaled Breizh a confirmé aux enquêteurs que les peintures utilisées (... ) contiennent comme énormément d'autres du dioxyde de titane comme pigment.»

La thèse de la collision avec un cargo

Quelques heures après le naufrage, l'Andromède, un chasseur de mines de la Marine nationale, inspecte l'épave et donne une première explication sur les causes du naufrage : le Bugaled Breizh aurait été percuté par un navire de fort tonnage[12]. L'ensemble des navires circulant en Manche ce jour là sont recensés et une cinquantaine de navires est inspectée. Un mois plus tard, le Seattle-Trader, un vraquier philippin est suspecté d'être le navire abordeur. Il est poursuivi jusqu'en Chine où il est inspecté par des policiers chinois et des gendarmes maritimes français, avant d'être mis hors de cause au mois d'août 2004. Après le renflouement du Bugaled Breizh en juin 2004, ce qui apparaîssait être un choc, s'avère être la compression de la cale à poisson sous la pression de l'eau. En novembre 2004, la justice abandonne définitivement la piste d'un bateau abordeur.

Le rapport du Bureau enquêtes accident

Le rapport du BEA mer a été publié le 27 novembre 2006. Les hypothèses étudiées sont :

Le rapport exclut l'hypothèse de croche du train de pêche par un sous-marin militaire et conclut que «l'hypothèse de l'enfouissement du train de pêche est celle qui paraît le plus en correction avec les constatations matérielles». [13]. Il sera défendu par le procureur, Anne Kayanakis, qui retiendra la thèse de l'accident de pêche.

Ce rapport a été accueilli avec scepticisme par le milieu de la pêche qui a pointé le manque d'indépendance du BEA, positionné sous l'autorité directe du ministère des transports. Ils soupçonnent l'État français de vouloir étouffer l'affaire, pour éviter un incident diplomatique avec ses alliés militaires[14].

Dans le cadre de la procédure pénale, un rapport aurait été commandé à l'Ifremer. Ce rapport n'est pas public, mais certains journalistes et avocats des victimes affirment que ce dernier estimerait, après simulations informatiques, que la thèse de l'enfouissement du train de pêche sur le fond n'est pas envisageable. [15] Ce rapport a été rendu public en avril 2008[14].

La procédure pénale

Le procureur de la République de Quimper, Roland Esch se saisit de l'affaire le jour du naufrage, suite à la découverte des deux premiers corps des marins. Il se dessaisit 3 jours plus tard au profit des deux juges d'instruction de Quimper : Richard Foltzer et Muriel Corre, comme le veut la loi. [réf.  nécessaire] Le procureur de la République, Roland Esch est appelé fin août 2004 vice-président du Tribunal de grande instance de Mâcon. Son remplacement est assuré par Anne Kayanakis qui prend ses fonctions comme procureure de la République de Quimper le 1er septembre 2004.

Au 28 juin 2007, le juge d'instruction chargé du dossier aurait, selon les familles des victimes, indiqué que la thèse de l'accrochage avec un sous-marin, pouvant participer aux manœuvres de l'OTAN dans la zone, était «la plus plausible[16]

La thèse de l'accrochage avec un sous-marin est importante pour les familles des victimes et pour le propriétaire du bateau car elle est susceptible d'entrainer la responsabilité de l'État concerné et par conséquent une indemnisation par ce dernier.

Une perspective de non-lieu a été évoquée par la procureure de la république de Quimper, Anne Kayanakis en juin 2007 prévoyant la clôture rapide de l'enquête [17] tandis qu'au contraire les familles de victimes envisagent en septembre 2007 de demander l'audition de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense à l'époque [18]

En décembre 2007, toujours selon un avocat des parties civiles, Me Michel Kermarrec, un rapport de l'Ifremer commandé dans le cadre de l'instruction remettrait en cause la thèse de la croche du chalut dans le sable retenue par le BEA-Mer pour expliquer l'accident[19], [20].

La procédure administrative

Parallèlement, une enquête administrative a été mise en œuvre par le BEA mer, comme c'est le cas dans ce genre de circonstances. Ce rapport n'a pas pour but d'établir des responsabilités mais de déterminer et de contrôler les normes de sécurité de la navigation, dans un soucis d'amélioration de la sécurité en mer. [21] Une copie de ce rapport a été transmise au juge d'instruction en novembre 2006 et a conclu à la thèse de l'accident, les experts de BEA Mer estimant que des chaînes du chalutier ont accroché des fonds sablonneux et exclut la thèse de l'accrochage avec un sous-marin au motif que le chalut n'aurait pas été retrouvé à plat et enfoui dans le sable dans ce cas là. [22] Ce rapport ne lie pas le juge d'instruction qui fait appel à d'autres experts, qui eux ont décelé la présence de titane sur les câbles tandis que le BEA mer n'a pas accès au dossier. L'avocat des victimes a dénoncé des conclusions incohérentes, intolérables et «un mensonge d'État». [23]

La plainte pour entrave à enquête

Les familles de victimes reprochent aux autorités d'entraver l'enquête judiciaire en ayant publié un communiqué erroné comme quoi il n'y avait pas eu d'exercice militaire sous-marin le jour du naufrage, en dissimulant des documents ou en faisant une enquête parallèle du BEA mer, ils reprochent aussi le manque de coopération des autorités britanniques et allemandes[24]. Leur avocat a par conséquent déposé plainte contre X pour entrave à l'enquête fin janvier 2007.

Médias

Livre

  • Le Bugaled Breizh, les secrets d'états autour d'un naufrage de Laurent Richard et Sébastien Turay, éd. First, janvier 2007, ISBN 2754002979

Télévision

  • L'énigme du Bugaled Breizh, réalisé par Serge Marie, 2005
  • Un "téléfilm du réel" est en préparation pour un tournage prévu au printemps 2007 et une diffusion sur TF1.

Liens externes

Notes

  1. FRANCE 3 - Bugaled Breizh, l'enquête rebondit toujours - France 3 Ouest - Vue sur mer : info mer et actualité maritime
  2. CREFMPM - NAUFRAGE : La coopération mondiale jugée mauvaise
  3. Le Télégramme - Bugaled Breizh. Enquête sur le naufrage - Janvier 2006. Bugaled : Royal navy, levée du secret défense
  4. Le portail des sous-marins > Bugaled Breizh : erreurs et omissions pour “Pièces à conviction”
  5. Le portail des sous-marins > Un sous-marin espion accusé d'avoir coulé le Bugaled Breizh
  6. Bugaled Breizh, Secrets d'État dans l'actualité en Bretagne sur Breizhoo
  7. Article Agence Reuters, 21 septembre 2006
  8. Enquête des journalistes du magazine Le Point Article du Point
  9. Bugaled Breizh, Secrets d'État dans l'actualité en Bretagne sur Breizhoo
  10. Bugaled Breizh - Secrets d'états autour d'un naufrage -Sébastien Turay, Laurent Richard - First Editions / Celtique League 2007 ISBN 2754002979
  11. Bugaled Breizh : hypothèse d'un sous-marin "hautement probable" dépêche AFP du 31/07/2008
  12. Communiqué dun ministère des transports et de la mer
  13. rapport officiel du BEA mer
  14. ab Bugaled-Breizh. La bataille des magistrats in Le Télégramme de Brest , 31 juillet 2008
  15. France Info - France
  16. «La thèse du sous-marin est "la plus plausible" dans le naufrage du "Bugaled Breizh"», Le Monde, 28 juin 2007.
  17. Le portail des sous-marins > Bugaled : Alliot-Marie bientôt auditionnée ?
  18. "Alliot-Marie bientôt auditionnée"
  19. L'indépendant
  20. Le Télégramme - Le Télégramme - Côtes-d'Armor - Bugaled-breizh.
  21. Site du BEA Mer
  22. Mer : Bugaled Breizh : c'était un accident - L'Express
  23. Bugaled Breizh : la thèse du sous-marin écartée - 20Minutes. fr, information en continu.
  24. CREFMPM - NAUFRAGE : La coopération mondiale jugée mauvaise

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