Plobannalec-Lesconil

Plobannalec-Lesconil est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. La commune est membre du Pays Bigouden.



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Commune du Finistère - Ville portuaire de France - Port de plaisance - Pays Bigouden - Port de pêche - Pêche

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Plobannalec-Lesconil
Photographie représentant symboliquement la Commune
Carte de localisation de Plobannalec-Lesconil
Pays France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Arrondissement de Quimper
Canton Canton du Guilvinec
Code Insee 29165
Code postal 29740
Maire
Mandat en cours
Alain Lucas
2008-2014
Intercommunalité
Latitude
Longitude
47° 49′ Nord
         4° 13′ Ouest
/ 47.81, -4.21
Altitude 0 m (mini) – 27 m (maxi)
Superficie 18, 17 km²
Population sans
doubles comptes
3 221 hab.
(2005)
Densité env. 165 hab. /km²

Plobannalec-Lesconil est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. La commune est membre du Pays Bigouden.

Géographie

La commune compte 3 221 habitants (2005) [1], répartis essentiellement entre deux villages, Plobannalec (village rural historique localisé au sein des terres) et , distant de deux kilomètres sur un axe nord-sud, Lesconil (port récent localisé dans une anse rocheuse face à la mer).

Le village est sur une zone granitique, qui affleure sur toute la surface. Le port moderne de Lesconil est construit sur le lieu-dit Pors Carn, longé à l'est pat une ria, le Steir, qui remonte presque jusqu'à Plobannalec. De l'autre côté, à l'ouest , la côte est une alternance d'avancées rocailleuses desquelles dépassent des grands rochers et de petites plages de sable. Cette zone est appelée Porz ar Feunteun, à cause des suintements d'eau dont certains ont été transformés en lavoirs ou fontaines; au pied du sémaphore par exemple, coule une source alimentant un lavoir protégé de l'eau de mer des grandes marées par un muret, bâti vers 1920. A l'est , le long du steir, se trouve la fontaine Pomp loch, ainsi qu'à Menez Roz est construit un lavoir. D'autres ruisseaux alimentaient des lavoirs, comme à Kerloch et au Steir Nibilic (lavoir désormais comblé) [2].

La totalité des terrains restent plats et proches du niveau de la mer, malgré les noms de certains quartiers comme le Menez Veil (le mont du moulin), ne culminant qu'à 27 mètres[3].

Communes limitrophes

Rose des vents Plomeur Pont l'Abbé Rose des vents
Treffiagat-Lechiagat N Loctudy
O   Plobannalec-Lesconil   E
S
Enclave : {{{enclave}}}

Démographie

En 2006, en été, la population de la commune peut doubler du fait de la venue des estivants.

Évolution démographique
(Source : Cassini[3])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 518 1 218 1 285 1 556 1 531 1 676 1 728 1 865 1 880
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 866 1 910 1 979 2 011 2 167 2 208 2 313 2 289 2 286
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 565 2 716 2 922 2 832 2 822 2 910 2 878 2 784 2 765
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 - -
2 916 2 831 2 835 2 844 3 022 3 007 3 221 - -

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Histoire

La zone de la commune a du connaitre une activité humaine lors du néolithique, puisque le dolmen du Menez Veil et le site du Quélarn datent de cette période, mais il n'existe pas de traces précises.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1790 1799 Hervé Floch
1799 1799 Yves Biger
1799 1800 André Morvan
1800 1809 Guillaume Breton
1809 1813 Henri Bleis
1813 1821  ??? Tanneau
1821 1831 Mathieu Nedelec
1831 1867 Pierre Toulemont
1867 1884 François Guirriec
1884 1904 Laurent Toulemont
Toutes les données ne sont pas toujours connues.
Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
1904 1912 Jean Souron
1912 1929 Guillaume Calvez
1929 1944 Hervé Guirriec
1944 1945 Pierre Moinge
1945 1971 Jacques Cariou
1971 1977 Louis Le Pape
1977 1995 Jean Folgoas
1995 2008 Yannick Le Moigne
2008 2014 Alain Lucas
Toutes les données ne sont pas toujours connues.

Histoire de Plobannalec

Historiquement, Plobannalec, fondé entre le Ve et le VIe siècle[4], était le bourg principal, c'est pourquoi une seule commune fut constituée. Le nom de Plobannalec (Plobannalech au XIXe[3]) semble signifier en breton : «la commune plantée de genêts»[4].

Plobannalec a appartenu au Quéménet, une châtellenie des vicomtes du Léon enclavée dans le comté de Cornouaille au XXe siècle[5]. Lors des remous de la révolution, Plobanalec est entré dans la seigneurie de Pont-l'Abbé. Il y a peu de traces historiques de ce bourg peu important, mais on sait qu'il participe, comme toute la région, à la Révolte des Bonnets Rouges en 1675.

Son église a été construite entre 1875 et 1879, elle est appelée Saint Alour, du nom du 3e évêque de Cornouailles, patron de la commune[6].

Le bourg aura une petite gare durant le XXe siècle, sur la ligne du train Birinik (dit le Transbigouden), qui relie la capitale Pont l'Abbé à Saint Guénolé. La gare sert essentiellement au transport de la production des conserveries, principale industrie de la région, ainsi qu'au transport des paysans. Concurrencé par la route, mal adaptée, la ligne est abandonnée en 1939, puis réutilisée au cours de la guerre, et disparait définitivement en 1963[7].

En juin 1944, en guise de représailles contre une opération de résistance à Plomeur, l'armée allemande rafle pour interrogatoire à Plobannalec-Lesconil l'ensemble des hommes entre 16 et 50 ans. Certains iront dans les camps de travail, une quinzaine sont fusillés dans les dunes de La Torche[8], où une stèle à depuis été érigée.

L'apparition du port
Le Ster Nibilic, dont le fond a été terrassé, abri d'origine des bateaux de Lesconil

Après 1800, le hameau côtier de 80 habitants[4], localisé à 2 kilomètres de Plobannalec et appelé Lesconil (étymologie bretonne envisageable : "le château (ou la cour) d'un certain Coulyn", le premier nom du hameau était en fait Lescoulyn[9]) s'est développé, en premier lieu grâce à la pêche puis récemment grâce au tourisme. Le 1er février 2001, la commune a pris officiellement son nom actuel composant les deux noms de villages, indiquant leur importance équivalente dans la commune.

Le premier événement marquant de Lesconil est la création d'un sémaphore sur la côte à à peu près 600 mètres à l'ouest du port entre 1804 et 1806. Ce bâtiment fait partie d'un réseau de signaux sémaphoriques dont la mise en place est décidée au début du XIXe siècle par ordre du Vice Amiral Decrès[10]. Il était équipé d'un téléphone, d'un télégraphe et de mâts avec bras utilisés pour la communication par sémaphore, ou pour donner des informations météorologiques aux marins en mer. En cas de naufrage, ce sémaphore pouvait alerter le canot de sauvetage du port (construit plus tard) avec un petit canon. Un autre canon lance-amarres était utilisé pour établir un va-et-vient avec les bateaux échoués. En 1930 fut construit à côté du sémaphore un amer en béton, servant de point de repère pour des essais de vitesse de bateaux, parmi lesquels le Normandie et le France[11].

Le port d'origine de Lesconil n'est au XIXe siècle qu'un port d'échouage localisé dans le ster Nibilic, un petit bras de la ria du Steir (bordant Lesconil à l'est ), actuellement toujours utilisé pour les petits bateaux. La pêche pratiquée est en premier lieu seulement accessoire, mais dans la seconde moitié du XIXe siècle, les paysans de Plobannalec commencent à préférer la pêche à l'agriculture, moins lucrative dans ces terres sablonneuses.

Le port actuel est créé de l'autre côté de l'avancée de terre, dans une anse rocheuse ouverte à la mer, nommée Pors Carn, qui sera ensuite protégée par des môles. Le coup d'envoi de sa fondation est , en août 1878, la décision de la SCSN de construire une station de bateau de sauvetage[10]. Ce canot sera le second du pays bigouden, après celui de Kerity (1868) [12]. Un terrain jouxtant la douane est offert, et en 1879, l'abri et la cale sont terminés, et peuvent accueillir le canot de sauvetage Foubert de Bizy (du nom du donateur), un canot'redressable'de dix mètres dix de long. Il sera remplacé en 1911 par l'amiral de Maigret, un'inchavirable'de neuf mètres quatre-vingt[12]. Ce dernier, obsolète car sans moteur, ne sera plus utilisé à partir de 1948, et revendu en 1952 aux îles des Glénan, où, motorisé et renommé la diligence, il fera navette avec le continent[Note 1].

La cale du canot de sauvetage permet aux bateaux de décharger plus aisément par beau temps, mais l'orientation de la baie, face à la mer, ne permet pas son utilisation par mauvais temps. Les premières digues sont construites entre la fin du XIXe siècle[13] et le début du XXe siècle, mais le port reste exposé aux houles du large, et n'est équipé d'aucun quai; le déchargement des bateaux se fait fréquemment au canot. La roche est présente partout dans l'anse lors des marées basses, et le déroctage du port sera un souci pendant plusieurs décennies. En 1905, un feu est construit sur l'ilot du Men ar Groaz, à l'entrée est du port. Jusque là, les marins rentrant de nuit devaient se repèrer à la lueur du phare d'Eckmühl distant de 14 kilomètres, et au bruit du ressac... Les fruits de la pêche doivent être transportés jusqu'aux halles de Pont l'Abbé à sept kilomètres du port, en premier lieu à pied, puis en bus.

L'apparition de l'industrie et des luttes syndicales

Chaloupe sardinière dans le Steir

Parallèlement au développement du port, des viviers du mareyeur Pierre-Marie Richard (1895) et des conserveries (usine Jacquiers fils en 1895, reprise par René Maingourd en 1907 puis usine J. Dumagnan et Cie en 1900, reprise par Billet-Lemy en 1910) s'implantent[14], donnant de plus en plus d'importance au hameau.

Le 26 juillet 1926, les ouvrières des conserveries de Lesconil démarrent une grève, entrainant certaines autres usines du pays bigouden. Leur revendication, une augmentation de 1, 25 francs de l'heure[Note 2], est accordée progressivement par les patrons des usines, sauf à Lesconil, où les deux conserveries ferment pour un an en guise de représailles. Ces deux usines peuvent se le permettre, car à la différence de certaines petites conserveries familiales des environs, elles sont simple portion des biens de propriétaires Parisiens. La famine venant, les ouvrières cèdent aux conditions des propriétaires d'usines, le responsable de la conserverie Maingourd allant jusqu'à écrire au préfet : «Nous avons désormais des assurances d'autre part qui font que nous nous moquons totalement de Lesconil et que nous pouvons nous en passer totalement. Si par conséquent les ouvrières veulent travailler, c'est à elles de faire le premier pas.»[15]. A la réouverture des usines, le 7 puis le 9 juin 1927, les femmes syndiquées sont licenciées, et aucun avantage n'a été acquis, tandis que le port est à l'origine des avancées sociales dans les entreprises voisines[16].

Les pêcheurs de la région se mettent en grève à leur tour fin juin 1927, réclamant de meilleurs prix d'achat pour leur pêche. A nouveau, les conserveries campent sur leur positions, et le travail doit recommencer pour éviter la famine. Dans cette atmosphère, les idéologies communistes sont beaucoup partagées par les familles de pêcheurs, en témoigne les noms des bateaux : Stalingrad, Exploité de la mer, Karl Marx, Esclave du riche[17] entre autres. A cette époque, le parti communiste récolte de nombreuses voix : il passe de 20 à 41% à Lesconil aux élections législatives de 1928[18]. Pour tout autant, Plobannalec reste plus conservatrice, et l'opposition entre le port'rouge'et le bourg d'agriculteurs'blancs'est quelquefois rude.

Déjà dans la première partie du XXe siècle, les deux parties de la commune se trouvent fréquemment opposées, le port'rouge'laïque d'une part et le bourg d'agriculteurs'blancs'conservateur d'autre part. Le 1er mai 1904, lors d'un scrutin municipal, des marins de Lesconil empêchent les paysans du bourg d'entrer dans le bureau de vote de Plobannalec[19]. La liste'de gauche'est élue, mais le 1er juillet, le conseil de préfecture annule le vote pour cause d'irrégularités et de pressions, et demande de nouvelles élections qui auront lieu le 17 septembre 1905[19]. Un second bureau est ouvert à Lesconil, où à nouveau les cultivateurs sont repoussés. La liste'de gauche'est une nouvelle fois élue...

Lors des élections législatives du 6 mai 1906, le résultat des votes au bureau de Lesconil et de 232 voix pour le député radical-socialiste Albert Le Bail, et aucune pour son adversaire[19]. Il ne semble pas qu'il y ait eu d'intimidations cette fois ci, mais les cultivateurs proches du port semblent avoir préféré ne pas voter[19].

Le même problème se reproduit en 1910, le recteur du bourg écrivant au préfet qu'il n'a pu entrer dans le bureau qu'avec l'aide d'un gendarme, et qu'il a été injurié par le président du bureau lui même[19]...

L'aménagement du port moderne

Eglise de Lesconil.

Le port est complètement aménagé entre 1948 et 1980 : Le feu du Men Ar Groaz est rehaussé et électrifié en mars 1949, pour le rendre plus puissant[Note 3]. Les digues et quais actuels sont fabriqués[Note 4] entre 1949 et 1954[13], [4]. Une plateforme est bâtie sur le flanc est du port entre 1959 et 1961[4], sur laquelle est ensuite construite la criée en 1955-1956[20]. Un autre terre-plein est élevé au milieu du port de 1962 à 1964[4]. Des rallongements de digues, quais et dragages du port seront faits dans les décennies suivantes : l'anse naturelle ouverte au large de jadis est alors complètement protégée et aménagée.

L'activité passe de la pêche à la sardine et au maquereau à la pêche aux crustacés (homards et langoustes) lors de la'crise sardinière'de la première décennie du XXe siècle. Quelques thoniers seront utilisés. Les langoustiers (des sloops) seront ensuite remplacés par des chalutiers, à perche, puis à chalut latéral, et enfin à'pêche arrière'. Naturellement, la pêche au moteur va remplacer la pêche à la voile.

L'abri du canot de sauvetage, qui servait de criée depuis les années 1950[21], est détruit en 1966, puisque une nouveau bâtiment pour la criée est construit. Sa cale reste visible au fond du port. Les conserveries ferment peu de temps après la guerre, et de même, à la fin des hostilités, le sémaphore est désaffecté, un temps loué à l'amiral Max Douguet, peintre de la marine, puis racquis par la commune qui y installe son office du tourisme.

L'église Notre Dame de la mer (ou Notre-Dame-des-Flots) est construite en 1903, et un peu modifiée vers 1930. Elle était jusque là sous le terme Sainte-Anne, jusqu'en 1924. Le temple protestant est inauguré le 18 août 1912[22].

Les goémoniers

Four à goémon restauré, à Lesconil

Le goémon est projeté en grandes quantités sur la côté lors des tempêtes d'hiver, et il était ramassé par les habitants pour être vendu comme engrais aux agriculteurs, utilisé comme combustible pour l'hiver, ou brulé dans les fours à goémon[Note 5] pour obtenir de la soude. La'récolte'se fait sur les berges où les algues ont été rejetées, mais certains vont les cueillir sur les roches en mer, ou à marée basse sur les côtes.

Cette pratique était strictement réglementée : le ramassage ne pouvait se faire qu'entre le lever et le coucher du soleil, et jamais les dimanches et jours fériés[23].

Au début des années 1960, presque 20% de la production bretonne de goémon provient du pays bigouden[24], mais l'activité s'éteint rapidement, remplacée par la pêche.

Naufrages et sauvetages

Plusieurs naufrages ont eu lieu sur la côte proche de Lesconil, certains équipages ont été sauvés par le canot de sauvetage de la commune. Ceux listés ici sont principaux, et dont il reste une trace. De nombreux drames ont concerné les familles des pêcheurs de la commune, mais ils ne sont pas forcement connus, la taille des barques de pêche étant trop petite pour que les naufrages soient consignés. Ainsi, en cinq mois lors de l'année 1885, quatorze pêcheurs périssent en mer[25].

C'était quelquefois l'occasion pour les habitants de la côte de piller les épaves, ou de récolter les biens échoués après dérive. Il n'y a cependant pas de trace de naufrageurs dans la région.

  • 1750 : naufrage du Les deux frères, d'Amsterdam. Des perquisitions permettent de découvrir des barriques de vins récupérées par les habitants, et cachées à Plobanalec[26].
  • 1er janvier 1866 : le Bannière, sloop de 40 tonneaux, s'échoue près de Lesconil, le bateau et sa cargaison sont perdus mais l'équipage sauvé[27].
  • Entre le 29 et le 30 juin 1872 : le William Connals, un vapeur de 289 tonneaux s'échoue près du sémaphore. Grâce au beau temps, la cargaison de vin est déchargée, et le bateau désensablé est rechargé au port voisin de Loctudy[27].
  • 16 janvier 1874 : le Monato, chaloupe de pêche du port de Lesconil, sombre après le passage d'une lame. Quatre des six hommes périssent, dont son patron[27].
  • 24 novembre 1885 : le Saint Chamond caboteur à vapeur de 1 600tx touche une roche qui ouvre une voie d'eau. L'équipage quitte le navire, qui s'échoue sur les roches de Goudoul de Lesconil. Un pêcheur alerte le canot de sauvetage du port, qui récupère les 18 hommes[27].
  • 19 novembre 1989 : le Conte de Hainaut, un vapeur, s'échoue sur une roche en face du sémaphore. Le canot de sauvetage du port, prévenu par le sémaphore, sauve les 16 hommes d'équipage et la cargaison[27].
  • 25 septembre 1896 : une tempête disperse les chaloupes de pêche des ports environnants. Le canot de Lesconil arrive à remorquer cinq d'entre eux ainsi qu'à les ramener au port[27], [Note 6].
  • 4 février 1897 : le Pasajes, un vapeur de 415tx, touche une roche, se couche et prend feu. Le canot de Lesconil sauve 17 hommes d'équipages. Des barriques de vin se dispersent le long de la côte, que des chaloupes des ports à l'entour récupèrent. Des procès verbaux sont dressés à plusieurs marins s'étant fait prendre[27].
  • 16 octobre 1903 : le Rigoletto, un canot de pêche de Lesconil, est coulé par une lame, cinq des six marins périssent[28].
  • 1910 : le Saint-Paul, un canot de pêche de Lesconil, chavire, les trois hommes d'équipage périssent[28].
  • 21 janvier 1950 : le Korrigan, un chalutier de Lesconil, parti du port de Concarneau pour rentrer à son port d'attache, s'échoue de nuit sur une roche après avoir dépassé Loctudy. Sur la côte, il passe inaperçu, la houle disloque le navire et l'équipage doit se jeter à l'eau. Les six hommes d'équipage périssent[28].
  • Du 15 au 16 octobre 1987 : un ouragan s'abat sur la bretagne; à Lesconil, les chalutiers Duchesse Anne et Château Saint-Clair sont drossés contre les rochers de la digue est du port, et plusieurs caseyeurs coulent[28].

Activité récente et tourisme

La langoustine, principale espèce pêchée.

L'agriculture est en constant recul depuis 1930, et il ne reste plus qu'une trentaine d'actifs agricoles en l'an 2000, contre 544 cinquante ans avant[29].

De même, la pêche qui représente l'activité principale de Lesconil, est en retrait depuis plusieurs années. Si en 2001 une quinzaine de malamoks[Note 7] (nom breton pour designer les chalutiers) étaient présents dans le port, en 2006 on n'en comptait plus que sept. Ils pratiquent désormais la pêche côtière, la production totale du port est de 537 tonnes (contre 648 en 2001[30] et 1900 tonnes au début des années 1980[4]), ce qui est particulièrement faible ainsi qu'à comparer avec ses voisins :

  • Guilvinec : 18 830 tonnes
  • Saint Guénolé Penmarc'h : 11 950 tonnes
  • Loctudy : 7 176 tonnes
  • Concarneau : 9 256 tonnes

Les bateaux rentrent chaque soir pour vendre leur prise à la criée. Celle de Lesconil n'existant plus depuis le vendredi 29 février 2008, la pêche est acheminée par camion aux criées environnantes. Les principales espèces débarquées sont la langoustine (117 T vendues en 2006, c'est la moitié du chiffre d'affaires du port[31]), la baudroie (ou lotte), le merlu, la seiche et la sole. Le port de pêche est géré par la chambre de commerce et d'industrie de Quimper Cornouaille.

Tourisme

Le tourisme estival représente une activité importante pour la commune, et ce depuis les années 1920, bien avant les congés payés. Pour preuve, la majorité des hôtels d'aujourd'hui ont été créés entre 1920 et 1933[32]. Il n'y a qu'une petite plage sur le territoire même de la commune (coincée entre le port et le Steir), mais les plus fréquentées sont les sables blancs, à l'est du Steir et longue d'un kilomètre, sur le territoire de Loctudy, et les petites et grandes plages, à l'ouest , sur le territoire de Treffiagat. Depuis la fin des années 1990 et le recul de la pêche, le nautisme de loisir est mis en avant, le port de plaisance de Lesconil est nommé à s'étendre. Entre 1998 et 2000, un monocoque de course de 60 pied a été construit sur le port, pour le skipper Bernard Stamm, en vue du Vendée Globe 2000.

Le port accueille une école de voile, pour s'initier aux dériveurs, voiliers, planches à voile, kayaks de mer... La commune compte plusieurs campings et hôtels, des médecins et pharmacien, des banques, mais aussi deux églises catholiques et un temple protestant.

Particularités

Les habitants jouent à la galoche bigoudène, une forme de jeu de palets complexe.

Cette commune est membre de la vingtaine où les femmes portaient la coiffe typique du Pays Bigouden. Voir cette coiffe, longue et complexe à mettre en place, est désormais rare en dehors des fêtes folkloriques.

Le Diboular est la boisson locale.

Événements

Durant l'été, de nombreuses animations ont lieu (fest-noz, kermesses, concerts), mais les fêtes principales sont les suivantes :

La fête de la langoustine a lieu l'ensemble des ans, le 2e samedi du mois d'août. Elle rassemble 15 000 visiteurs[33], qui peuvent déguster les produits locaux, visiter des chalutiers ou faire un tour en mer.

la fête des Vieux Métiers au manoir de Kerhoas en juillet rassemble des artisans, machines anciennes, aux sons des bombardes et binious.

Naissances

Le conteur Marcel Divanach était un enfant du pays.

Jumelages

La ville de Plobannalec est jumelée à la ville savoyarde de La Lèchère.

Monuments

Le manoir de Kerlut (originellement Kerulut, du nom de la famille fondatrice) est un petit château construit sur le Ster, en granite taillé et au toit d'ardoises. Il est désormais un camping de luxe du réseau Yelloh!. Il a été profondément modifié dans le deuxième quart du XIXe siècle[34], par M. EmileDucrest de Villeneuve, remplaçant un édifice du XVIIe[35].

La croix des amoureux.

La commune est parsemée de nombreux calvaires, chapelles et croix, dont :

  • Plonivel, une ancienne chapelle romane d'une paroisse dissoute à la révolution.
  • La croix des amoureux, à Lesconil, face à la mer, date du moyen age. Elle a été brisée par des vandales en 1925 et restaurée dans les années 1990. Son nom proviendrait des serment de fidélité et des premiers baisés qui y étaient échangés.
  • La croix Arthur de Witkowski, à Plobannalec, sur la route de Penmarc'h. Arthur, propriétaire, né en 1842 à issoire, époux de caroline Van der Smissen née en 1860, et domicilié à Nantes, est décédé près du bourg le 14 juillet 1898. Une croix métallique a été érigée en son souvenir, au bord de la route de penmarc'h.
  • la croix de Kervignon de quatre mètres de haut, construite au moyen-âge[36].

Elle compte aussi plusieurs dolmens, stèles et menhirs :

  • Au sommet du Menez Veil, à Lesconil, se trouve un dolmen datant de la période Néolithique.
  • Le site du Quélarn, à Plobannalec, contient un dolmen et de nombreux mégalithes couchés. Ce site est ce qui reste d'un cairn long de 50 mètres, jadis composé de 6 dolmens[36].
  • Plusieurs autres dolmens (Kerfuns, Kervadol, Kervignon, Tronval) et menhirs (Men Rouz dans le Ster Nibilic, Kerdalaë-Plonivel, Kerloc'h) sont dispersés dans la commune.



Notes
  1. Il ne sera pas utilisé particulièrement longtemps, et sera incendié volontairement en 1960.
  2. Leur cri sera «Pemp real a vo», autrement dit «Cinq reals nous aurons» (l'ordre des mots est typiquement breton), un real valant un quart de franc
  3. La lueur de l'ancien feu à pétrole était trop faible, et la suie opacifiait la lanterne, rendant le feu aussi peu visible que les lumières des habitations environnantes
  4. Ou alors re fabriqués, un des môles ayant été mis à terre par une tempête en 1951
  5. Un de ces fours a été remis en état à l'ouest du port
  6. Trois autres barques arrivent à atteindre le ster, deux autres s'échouent sur la côte à proximité.
  7. Le malamok était le chalutier employé jusqu'aux années 1990. Aujourd'hui, il est remplacé par le "pêche arrière". Ce nom venait de celui d'un oiseau de mer reconnu pour son art de la navigation et sa robustesse.

Références

  • Association Mouez ar Vro, Hier Lesconil, Plomeur, 1983
  • Roland Chatain, Tempêtes et naufrages en pays Bigouden, éditions Roland Chatain, coll.  «mémoire», Plomeur, 1994
  • Roland Chatain et Raymond Cariou, Hier Plobannalec Lesconil, éditions Roland Chatain, coll.  «mémoire», Plomeur, 1994
  • Serge Duigou, Lesconil, Ressac, Quimper, 1996
  • Serge Duigou, Jean Michel Le Boulanger, Histoire du Pays bigouden, éditions Palantines, Plomelin, 2002
  1. Site de la commune, page de présentation. Consulté le 3 septembre 2008
  2. Hier, Plobannalec Lesconil, p.  28-29
  3. abc Notice communale sur Cassini
  4. abcdefg Hier, Lesconil
  5. Histoire du Pays bigouden, p.  42
  6. Histoire du Pays bigouden, p.  44
  7. Histoire du Pays bigouden, p.  161
  8. Histoire du Pays bigouden, p.  202
  9. Hier, Plobannalec Lesconil, p.  3
  10. ab Hier, Plobannalec Lesconil, p.  4
  11. Hier, Plobannalec Lesconil, p.  38
  12. ab Hier, Plobannalec Lesconil, p.  79
  13. ab Histoire du Pays bigouden, p.  172
  14. Histoire du Pays bigouden, p.  104
  15. Histoire du Pays bigouden, p.  111
  16. Hier, Plobannalec Lesconil, p.  119
  17. Lesconil, p.  46
  18. Histoire du Pays bigouden, p.  113
  19. abcde Lesconil, p.  18-19
  20. Hier, Plobannalec Lesconil, p.  7
  21. Lesconil, p.  49
  22. Hier, Plobannalec Lesconil, p.  51
  23. Hier, Plobannalec Lesconil, p.  68
  24. Histoire du Pays bigouden, p.  116
  25. Lesconil, p.  14
  26. Tempêtes et naufrages en Pays bigouden, p.  7
  27. abcdefg Tempêtes et naufrages en Pays bigouden au XIXe siècle, p.  27-55
  28. abcd Tempêtes et naufrages en Pays bigouden au XXe siècle, p.  56-143
  29. Site de la commune, page sur l'agriculture. Consulté le 3 septembre 2008
  30. Histoire du Pays bigouden, p.  184
  31. Site de la commune, page sur le port. Consulté le 3 septembre 2008
  32. Lesconil, p.  47
  33. Site de la commune, page sur le tourisme. Consulté le 3 septembre 2008
  34. Inventaire général du patrimoine culturel. Consulté le 8 septembre 2008
  35. A. Le Grand et G. M. Thomas, Manoirs de basse bretagne, éditions de la cité, Brest, 1973
  36. ab Site de la commune, page sur le patrimoine. Consulté le 1er septembre 2008

Biliographie
  • A la découverte du pays bigouden, Marcellin Caillon, Pont-l'Abbé, 1980.
  • Lorsque nous prenions le train birinik, Serge Duigou, Ressac, 1983. (le petit train qui desservait Plobannalec)
  • Manoirs bigoudens, Serge Duigou, Ressac, 1995. (histoire du manoir de Kerhoas et de ses seigneurs)

Liens externes

Canton du Guilvinec
Guilvinec | Loctudy | Penmarc'h | Plobannalec-Lesconil | Treffiagat

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