Surpêche

La surpêche sert à désigner la pêche excessive pratiquée par l'homme sur certains poissons, crustacés ou mollusques.



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Pêche - Catastrophe écologique

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Définitions :

  • Il ya surpêche quand la pression exercée par l'activité de pêche dépasse un niveau jugé optimum.... (source : europarl.europa)

La surpêche sert à désigner la pêche excessive pratiquée par l'homme sur certains poissons, crustacés ou mollusques.

Filets, chaluts ou casiers, s'ils sont utilisés au delà des limites de renouvelabilité des espèces pêchées causent d'importantes régression des espèces-cibles et quelquefois non-cibles.

On parle de surpêche quand l'augmentation des capacités de capture entraîne ;

Ces signes lorsqu'il s sont groupés indiquent que l'espèce est pêchée plus vite qu'elle ne se reproduit. Mais il n'est pas forcément facile de déterminer les rôles respectifs de la pêche et des facteurs environnementaux (en particulier climatiques ou liés à la pollution) dans la baisse de certains stocks de poissons.

La prise de conscience de l'existence d'une surexploitation des ressources halieutiques est récente. En 1609 dans son Mare Liberum , le juriste Grotius, fondateur d'un droit mondial basé sur le droit naturel pouvait toujours écrire : «La pêche en mer est libre, car il est impossible d'en épuiser les richesses».

Des poissons toujours aussi commun dans les années 1950-1960 que le cabillaud de l'Atlantique, le haddock de la mer du Nord et le thon rouge de l'Antarctique ou que l'anguille d'Europe figurent actuellement avec une centaine d'autres sur la liste des espèces menacées.

Histoire

La surpêche n'est pas un phénomène particulièrement nouveau ; A titre d'exemple,

  • la surpêche du saumon date au moins de plusieurs siècles, comme en témoignent certaines des gravures illustrant l'encyclopédie de Diderot (au 18ème siècle). Ces illustrations décrivent exactement des dispositifs particulièrement élaborés de filet ou barrages posés sur toute la largeur d'un cours d'eau, donnant la possibilité déjà de capturer la quasi-totalité des saumons remontant ces cours d'eau[1], [2]. Légèrement plus tard, la pêche intensive de la sardine en Baie de Douarnenez (France) a montré les limites de méthodes si efficaces qu'elles ont en quelques décennies fait régresser ou localement disparaître une ressource qui paraissait antérieurement inépuisable.
  • Au XIXe siècle, les pêcheurs du nord de la France sont sauvés par la pêche hauturière et la Morue de Terre-Neuve, mais ils voyaient déjà la ressource halieutique locale se raréfier. («On fait ici la pêche de la morue, du hareng, du maquereau ; mais tous ces poissons, qui se tenaient volontiers jadis sur nos cotes, se rejettent depuis plusieurs années sur la cote d'Angleterre. Nos pécheurs en souffrent beaucoup» commentait en 1825 F. J. Grille[3] qui cite (en 1925) quelques hypothèses d'explication ayant cours à l'époque. «Divers dispositifs se sont élevés les uns contre les autres, tous fondés (ce qui est singulier) sur des faits faciles à constater. Les uns ont dit : Nous trouvons la cause de la disparition des poissons dans la tendance des mers à s'éloigner de nos rivages pour se porter sur les rives opposées. Les harengs ont suivi les courants et , en rassemblant là-dessus les observations, on trouve que la mer se retire inénormément depuis Dunkerque jusqu'à Cherbourg ; elle a quitté successivement les dunes du Rosenthal, de Mardyck, les plaines de Bourbourg, d'Ardres, de Saint-Omer. Entre les caps Blanez et Grinez, elle a délaissé l'ancien port de Wissant ; l'embouchure de la Liane, à Boulogne, forme des atterrissements, et les travaux qu'on fait à Saint-Valéry et au Crotoy parlent en faveur de notre dispositif. Il faut toute la force des eaux de la Seine pour empêcher les bancs de sable de s'étendre en face du Havre. Mais des sables s'entassent à l'embouchure de l'Orne. Ouistreham, qui voyait les marées battre les murs de son église, en est désormais scindé par une large prairie. Les marais d'Hermanville sont desséchés et cultivés. La mer se retire du Calvados ; elle a abandonné, près de Bernières, à trois lieues de Cæn, un vaste territoire qui fut jadis une forêt... Tous ces faits sont très-graves et paraissent concluants. Mais d'autres, remontant moins haut, signalent les envahissements des mers aux caps Gris et Blanc nez même, déjà cités, et que rongent les vagues ; ils montrent du coté d'Etaples, et plus à l'est , vers le Portel, des invasions récentes, et qui sembleraient annoncer le retour des eaux vers nos cotes. Entre ces phénomènes, notre esprit demeure incertain, et , tout ce que nous pouvons faire, c'est de livrer nos remarques à l'étude des physiciens ainsi qu'à l'attention des géographes. ) »

La surpêche n'a pu prendre une dimension planétaire qu'au XXe siècle, avec les moyens industriels et énergétiques le donnant la possibilité.
Sont aujourd'hui concernés par la surpêche la sardine en Californie, l'anchois au Pérou, la morue à Terre-Neuve ou le hareng en mer du Nord. Dans l'upwelling du Nord Benguela (ou front Angola-Benguela) au large de la (Namibie), la surexploitation a génèré un spectaculaire effondrement des populations de sardine (Sardinops sagax) (tonnages passé de 1, 5 million de t/an de sardines en 1960 à uniquement deux sardines pêchée lors d'une campagne scientifique en 2007). De même pour les anchois (Engraulis encrasicolus , ex E. capensis) et le merlu qui ont laissé la place à un écodispositif appauvri peuplé d'espèces primitives telles que bactéries, éponges, macro-algues, méduses, oursins). Ailleurs, les populations de flétan et de thon rouge ont diminué de 90%. 95 % de la population d'Anguille d'Europe a disparu. Cette espèces reconnue jadis comme la plus résistante, est depuis 2007 classée comme espèce menacée et protégée en Europe. Le braconnage des civelles n'étant qu'une des causes de sa régression.

Fishing down the foodweb : Une version mer du Nord.

La FAO (organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation) estime à 77% la proportion d'espèces de poissons impactées à différents degrés. 8% serait épuisées, 17% surexploitées et 52% exploitées à leur maximum.

Les prises de poissons ont atteint un maximum de 100 millions de tonnes en l'an 2000 mais la production stagne depuis 1990 tandis que les capacités de pêche ne cessent d'augmenter. Les individus capturés sont de moins en moins gros et de plus en plus jeunes. La proportion des prises de niveaux trophiques bas a augmenté.

Les navires-usines exploitent de plus en plus de zones (ouest de l'Afrique, océan Indien, Pacifique du sud-est…), pêchent encore plus profond, capturant de nombreuses espèces et endommageant des écodispositifs (via les chaluts surtout). La pêche technologique a entraîné une augmentation rapide des prises accessoires. 25% des poissons (27 millions de tonnes) qui sont péchés sont rejetés morts à la mer car ils n'appartiennent pas aux espèces souhaitées. Des dauphins, des tortues et des oiseaux marins (100.000 albatros par an) sont aussi capturés et tués par les filets. Les filets perdus ou abandonnés en mer sont tout autant de pièges mortels pour ces animaux. Les espèces préférentiellement pêchées sont des carnivores apicaux (qui occupent le sommet des chaînes alimentaires) qui ont une forte valeur ajoutée sur les marchés des pays développés, mais qui sont aussi ceux qui ont le plus bioconcentrés les polluants, dont le méthylmercure. Cette spécialisation de la pêche a des conséquences graves sur les réseaux trophiques, jusqu'aux mammifères marins ainsi qu'aux oiseaux, par exemple :

  • Au large de Terre-Neuve, la raréfaction des poissons a entraîné une diminution de la taille moyenne des baleines à bosses qui fréquentent ces eaux.
  • On a vu des migrations de phoques affamés depuis le Grœnland vers les côtes du Canada. En Europe, dauphins et marsouins semblent descendre vers le sud tandis que l'atlantique nord est surexploité.
  • La disparition de la morue et d'autres prédateurs au large des États-Unis a entraîné une prolifération d'herbivores qui a génèré un fort déclin des forêts d'algues.
  • On observe une modification de la structure des communautés et de la diversité génétique par la sélection d'espèces ou de classes de taille. Cette pression sur les habitats les rend plus sensibles aux invasions biologiques, aux perturbations ainsi qu'aux pollutions.

En février 2008 [4], le PNUE a conclu sur la base d'un rapport intitulé «In Dead Water»[5] que le réchauffement climatique exacerbait l'impact de la pollution, des espèces invasives et de la surpêche dans les principales zones de pêche de la planète, ce qui peut génèrer un triple problème ; écologique, économique et de développement.
10 à 15% de l'océan mondial est directement concerné par la surpêche selon l'ONU mais avec des impacts qui affectent ou affecteront «au moins les 3/4 des principales zones de pêche du monde». On observe déjà une dégradation des océans, alerte l'ONU (qui avait en 2004 déjà signalé plus de 100 «marines dead zones» dans les baies ou en aval d'estuaires ou en mers fermées.

Toujours selon l'ONU, des millions de personnes dépendent de la pêche, en particulier dans les pays pauvres et près de 2, 6 milliards consomment fréquemment des protéines issues des produits de la mer (et l'écobilan de la pisciculture industrielle reste discuté). Qui plus est , 80 à 100% des récifs coralliens du monde sont menacés de blanchiment, dégradation ou disparition par la montée des océans[6].

On craint enfin une accélération de l'acidification des océans induite par le CO2, qui pourrait aggraver ces problèmes en affectant aussi les petits organismes planctoniques à la base de la chaîne alimentaire.

Causes et conséquences socio-économiques

Le poisson, avec 16% des protéines absorbées par l'Homme est une source de nourriture particulièrement importante pour l'alimentation d'1 milliard de personnes, en particulier dans les pays du Sud. La pêche est capitale pour l'économie et la sécurité alimentaire largement de pays pauvres, en particulier en Asie du Sud-Est. Les consommateurs à fort pouvoir d'achat demandent en particulier des poissons à chair blanche, frais ou congelés. Les espèces à faible valeur ajoutée sont consommées sur place, principalement de petites espèces pélagiques sous forme salée. Une partie de ces espèces (30% des prises totales) est transformée en farine ou en huile. En 2010 la demande en poisson devrait-être entre 100 et 120 millions de tonnes ce qui provoquera une augmentation des coûts.

200 millions de personnes travaillent dans le secteur de la pêche qui compte 3, 5 millions de bateaux. Mais la pêche industrielle avec uniquement 1% des bateaux prélève 50% des poissons pêchés.
La croissance incontrôlée de la pêche et des flottes vient d'une surcapitalisation de l'industrie dont les performances ont dépassé l'optimum indique un rapport de la FAO. A titre d'exemple, l'Atlantic Dawn mis en service en 2000, irlandais puis racquis par des néerlandais, pouvait traiter 15% de la capacité irlandaise de pêche et peut traiter 25-35 t/heure, 400 t/jour de poisson (pour une capacité totale de 7 millions de kg de poisson surgelé en moins de 30 jours, avec chambre froide de 3000 t [7][8].

La raréfaction des ressources pousse les grandes firmes à aller pêcher dans les eaux des pays du Sud. La FAO distingue 3 étapes dans l'évolution du secteur de la pêche :

  • Aborigène : exploitation de survivance côtière avec des bateaux et des outils rudimentaires
  • Coloniale : exploitation systématique des côtes et des eaux territoriales par des capitaux étrangers. La ressource est envoyée sur un marché d'économie développée.
  • Globale : exploitation intensifiée et généralisée des côtes, des eaux territoriales et mondiales.

L'arrivée de grosses flottes près des côtes prive les autochtones d'une ressource importante et pousse les pêcheurs à aller pêcher plus loin en mer pour une rentabilité moindre et qui plus est grands risques. Les conflits sont habituels quand se retrouvent sur la même zone des artisans-pêcheurs autochtones obéissant à des traditions d'exploitation et d'aménagement de la pêcherie et des pêcheurs industriels agissant à des fins de génération de revenus, qui ne soucient pas des traditions locales. Les conflits existent aussi entre les groupes autochtones et les organisation de défense des animaux, les entreprises aquacoles, touristiques et les pollueurs agricoles ou industriels.

Les gouvernements de pays endettés sont tentés de vendre des permis de pêche à des investisseurs étrangers et plusieurs pays du Sud développent eux aussi des flottes modernes. Qui plus est , la diminution des prises entraînera une augmentation des prix défavorable au consommateur pauvre. Une baisse de la consommation a déjà été observée en Asie du Sud.

Dans les années 1960, la Mauritanie, aux eaux particulièrement poissonneuses était le pays dont la plus grande part des protéines consommées provenait de la mer. Suite à la vente des droits de pêche par le gouvernement, les poissons mauritaniens sont commercialisés sur les marchés occidentaux et ne sont plus accessibles au consommateur local.

Il faut aussi tenir compte de la piraterie, soit par la violation de la législation nationale dans les eaux territoriales, soit par des pêches en haute mer menée sans l'autorisation de l'organisme régional des pêches, la CCAMLR.

Un des exemples les plus connus de braconnage est la pêche à la légine australe (Dissostichus eleginoides). Une légine vendue sur deux serait pêchée illégalement, ce qui sera la cause probable de l'extinction de l'espèce d'ici à 3 ans. La plaque tournante de ce commerce est Port-Louis à l'île Maurice où accostent de nombreux bateaux sous pavillon de complaisance (Honduras, Sierra Leone, Côte d'Ivoire, Libye…)

En Europe...


La Commission européenne peine à faire accepter par certains états-membres (dont la France) ses propositions de quotas, néenmoins établis sur des bases scientifiques. Elle tente depuis les années 1990 de diminuer le nombre d'embarcations, mais en subventionnant d'autre part la construction de superchalutiers.
Fin 2007, un rapport de la Cour des comptes européenne pointe la «surpêche» et l'inefficacité des dispositifs de contrôle dans le cadre de la politique commune de la pêche. Le rapport évoque des données nationales peu fiables, des procédures d'inspection inefficaces et des sanctions non dissuasives qui limitent l'efficacité de la politique européenne de la pêche fondée sur une protection d'un stock suffisant de reproducteurs. Elle a annoncé une réflexion sur ce point en 2008. [9], [10] Des actions sont aussi prévues avant fin 2008 pour limiter les captures accidentelles de cétacés dans les filets (marsouin commun surtout) et définir et protéger des zones Natura 2000 en mer.

En France : Fin 2008, un rapport du Sénat intitulé «Marée amère ; Pour une gestion durable de la pêche»[11] réalerte avec force sur la gravité de la situation, qui menace l'alimentation mondiale. Selon ce rapport, la pêche a «très certainement» déjà atteint les limites de l'exploitation halieutique tandis que la capacité de pêche augmente toujours «du seul fait du progrès technique de l'ordre de 4 % par an».. Et, parmi les perturbations qui affectent les océans, hormis le changement climatique, «la pêche occupe désormais une place prépondérante. Il y a peu de zones maritimes où elle n'exerce pas une influence qui dépasse l'ensemble des facteurs naturels» et tandis qu'il n'y «a plus de stock pouvant soutenir une nouvelle croissance des captures» et que l'aquaculture telle qu'elle existe «accroît la pression sur les espèces sauvages et contribue à la destruction des milieux naturels», gérer la pêche est devenu un «défi scientifique».
Ce rapport propose de 1°) renouer le dialogue entre pêcheurs, scientifiques et décideurs ; 2° «Construire les outils de la décision politique», sur la base d'une approche écosystémique et d'aires marines protégées ; 3°) Donner aux pêcheurs les moyens d'être les premiers acteurs et gestionnaires d'une pêche responsable et durable, en arrêtant la surexploitation et acceptant des quotas et luttant contre les fraudes ; 4°) Des pouvoirs publics qui exercent leurs prérogatives de contrôle et respectent enfin les avis scientifiques. 5°) Mieux informer les citoyens pour les rendre responsables, qu'ils puissent choisir des poissons impactant moins la ressource, de taille légale, écolabellisés MSC ou équivalent, en facilitant les initiatives de pêche durable mises en place par avec les pêcheurs, sans oublier de diminuer l'impoact de la pêche récréative «qui ne doit plus être mésestimé».

Vers des solutions plus durables

Une pêche artisanale basée sur une bonne gestion de quotas serait une des solutions envisagées à la surpêche

Les solutions intuitives telles que diminuer l'effort de pêche lorsque une ressource diminue ne fonctionnent pas dans le domaine de la pêche. Ainsi depuis 1950, 25 % des populations de 1.519 espèces étudiées par Mullon et ses collègues [12] [13] se sont effondrées dont un cinquième, brutalement et sans signes avant-coureurs, après un plateau de production. Contrairement aux apparences, la stabilité d'une pêcherie n'est par conséquent pas un indicateur de bonne santé de la ressource, ni de sa bonne :) gestion[14] ; Dès qu'un certain seuil minimal de succès de reproduction n'est plus atteint, la population pêchée peut s'effondrer en quelques années. Et cette régression est fréquemment masquée pour le public par une efficacité accrue des moyens de pêche, ou un effort de pêche plus intense ou déplacé ailleurs. Pire ; arrêter de pêcher une espèce ne suffit pas forcément à en restaurer la population, même après plusieurs décennies, et certainement pour toujours lorsque une autres espèce est devenue dominante et que les communautés animales et végétales se sont réorganisées, selon d'autres rapports prédateur-proie[15].

Face à l'exploitation généralisée des mers au profit des capitaux et bénéfices de court-terme, une pêche soutenable voudrait préserver l'économie de subsistance des populations locales pour assurer la sécurité alimentaire, la survie économique et la préservation des cultures. Elle se traduit par exemple par le label MSC délivré sur la base de critères de soutenabilité environnementale, sociale et économique.

Gestion restauratoire de la ressource

Quelques expériences positives ont montré qu'une gestion rationnelle et des prélèvements raisonnables permettaient de restaurer et protéger une ressource. De nombreux systèmes de récifs artificiels sont expérimentés dans le monde. Autour de Sainte-Lucie, une Aire marine protégée soutenue par le FFEM, a en 10 ans multiplié par 4 la biomasse de poissons dans la réserve naturelle, et elle a triplé aux alentours de cette dernière, tandis que la diversité des espèces se reconstituaient aussi ; ce qui a permis aussi de calmer les conflits qui opposaient les pêcheurs à ceux qui voulaient protéger les fonds et les poissons, surtout pour le tourisme, les pêcheurs tirant ici aussi des avantages du tourisme[16]. Cependant, un DCP positionné dans un environnement appauvri risque de ne faite que déplacer le poisson, ou alors favoriser sa surexploitation.

Aquaculture

L'aquaculture pourrait être une solution pour répondre à la demande en poissons tout en perfectionnant l'habitat (récifs artificiels) mais aujourd'hui la majorité des poissons d'élevage des pays développés sont des carnivores. Il faut pêcher 2kg de poissons pour en élever 1kg et les produits de l'aquaculture ont un prix élevé ce qui n'perfectionne pas la sécurité alimentaire. Elle permet uniquement de valoriser des poissons peu recherchés par les consommateurs (petits pélagiques). L'aquaculture peut entraîner une eutrophisation et une anoxie des eaux, ou alors une prolifération de planctons toxiques (marée rouge).

La Chine et l'Inde pratiquent des élevages de cyprinidés et de tilapias omnivores qui permettent de produire de grande quantité de poissons (10 millions de tonnes de carpes, 1.5 million de tonne de Tilapia) sans utiliser de grandes quantités de farines de poissons. Ces élevages sont fréquemment intégrés à des dispositifs d'élevage de volailles où de porcs, les étangs sont enrichis avec les effluents des élevages (qui peuvent autant être particulièrement modernes et particulièrement intensifs que familiaux).

La fuite de saumons d'élevage met en péril les populations sauvages en transmettant des infections contractées en captivité et en déplaçant les œufs déposés sur le fond par les saumons autochtones car ils frayent plus tard. Chaque année, 500000 poissons s'échappent des élevages selon le WWF. La FAO recommande la triploïdisation des poissons d'élevage pour empêcher les "évadés" de se reproduire et d'envahir le milieu naturel.

Dans les zones tropicales, la construction massive de fermes aquacoles a entraîné une destruction des mangroves et des zones humides.

Pêche littorale

Mesures proposées par la FAO pour un développement durable de la pêche dans les zones côtières et sur le plateau continental :

  • Prélèvement de droits pour l'exploitation des ressources, assorties de pénalités et de l'élimination des subventions incitant à la surcapitalisation.
  • Zones ou saisons de pêche fermée.
  • Incorporer dans des parcs marins les zones d'alevinage.
  • Encourager les installation aquacoles dans les environnements pouvant les supporter.
  • Création de mécanismes de résolution des conflits entre usagers.
  • Diminuer le rejet de débris emmêlant.
  • Perfectionner la sélectivité des engins de pêche.
  • Définir des objectifs de gestion par-rapport à des référents et préciser l'état des pêcheries.
  • Contrôle des rejets de matières eutrophisantes.

Des exemples de gestion réussie avec les pêcheurs existent comme en rade de Brest où les restrictions à la pêche à la coquille Saint-Jacques et l'ensemencement annuel de la rade par de jeunes coquillages nés en écloserie a permis de multiplier par 5 les prises qui avaient chuté à cause de la surpêche.

Pêche hauturière

  • Des recherches plus nombreuses et approfondies sur le rôle des mammifères marins et des prédateurs apicaux dans les écodispositifs.
  • Diminuer les captures accidentelles d'oiseaux, de tortues, de mammifères marins et maintenir les prises accessoires à des niveaux donnant la possibilité le renouvellement des populations.
  • Tenir compte du faible taux de renouvellement et de la sensibilité des mammifères marins.
  • Favoriser la gestion par des organismes régionaux.
  • Appliquer les nouvelles technologies au contrôle des stocks.
  • Combattre les pavillon de complaisance.

Choix du consommateur

Outre le problème de surpêche le consommateur doit faire attention à la contamination par des polluants. Le thon (dégraissé ou non) accumule le mercure et/ou le méthylmercure et le saumon les pesticides et d'autres contaminants. Les poissons de pêche durable sont connus être la bonite à ventre rayé, le germon, le thon ventru de ligne, le bar d'élevage, le bar blanc, le cabillaud du Pacifique, la sole, le flétan du Pacifique, le rouget barbet de roche, le tilapia, le turbot. Les crevettes d'eau froide et les moules peuvent compléter cette ressource.

Liens externes

Bibliographie

  • Duffy-Anderson Janet T., Kevin Bailey, Lorenzo Ciannelli, Philippe Cury, Andrea Belgrano, and Nils Chr. Stenseth. 2005. Phase transitions in marine fish recruitment processes. Ecological Complexity, 2 : 205-218.
  • Daan N., Christensen V. and P. Cury (Eds. ) 2005. Quantitative ecosystem indicators for fisheries management. ICES Journal of Marine Science. 62 : 307-614.
  • Cury Philippe M. and Villy Christensen 2005. Quantitative ecosystem indicators for fisheries management : an introduction, Editorial. ICES Journal of Marine Science. 62 : 307-310

Notes et références

  1. Chasses, pêches : extrait du «recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux et les arts méchaniques»] (digitalisé par Gallica et la BnF)
  2. Autre illustration provenant de l'encyclopédie de Diderot, montrant des techniques de pêche intensive du saumon, utilisées en France au 18ème siècle
  3. Description du département du Nord Par François Joseph Grille (d'Angers) paris, Ed Sazerac & Duval, 1825-1830 (dans les pages consacrées à Gravelines)
  4. réunion du Forum ministériel mondial de l'environnementà Monaco, du 20 au 22 février 2008, du Conseil d'administration du PNUE et du Forum ministériel mondial sur l'environnement
  5. Ce rapport «In Dead Water» est produit par les scientifiques du PNUE en collaboration avec des universités et des instituts européens et des USA. Il s'appuie sur des données scientifiques récentes et fréquemment nouvelles, dont le dernier rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui a réuni plus de deux mille chercheurs sous l'égide du PNUE et de l'Organisation Météorologique mondiale (OMM)
  6. communiqué ONU, Forum ministériel mondial de l'environnement, daté du 28.01.2008
  7. page sur le navire Atlantic Dawn
  8. vidéo présentant l'Atlantic Dawn
  9. Le rapport (en)
  10. Le point Commission européenne (fr)
  11. Rapport du sénateur Marcel-Pierre Cléach ; Rapport, et sa synthèse en 4 pages
  12. Mullon, Fréon P. & P. Cury. 2005. «Patterns and models of collapsing world fisheries». Fish and Fisheries. 6 : 111-120.
  13. Cury P., Mullon Christian, Garcia Serge Michel and Lynne Shannon. 2005. Viability theory for ecosystem approach to fisheries. ICES Journal of Marine Resources. 62 : 577-584
  14. Document d'alerte et de veille (Bio intelligence service) de la commission européenne, intitulé : Stable catch : warning for future fishery collapse ? selon C. Mullon, P. Fréon & P. Cury, 2005– The dynamics of collapse in world fisheries, Fish and Fisheries, vol. 6, pp. 111-120.
  15. Cury, P., Fréon, P., Moloney, C., Shannon, L. and Shin, Y. 2005. «Processes and patterns of interactions in marine fish populations : an ecosystem perspective». In The SEA : Ideas and Observations on Progress in the study of the Seas. The global coastal ocean : multiscale interdisciplinary processes (A. Robinson and K. Brink Eds. ). Chapter 14. Harvard University Press, Cambridge : 475-554
  16. Site du ministère français des affaires étrangères


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